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ENERGIE HYDRAULIQUE
L'énergie hydroélectrique
est l'une des énergies renouvelables disponibles sur la planète
Terre. Elle consiste en la transformation en énergie électrique
de l'énergie hydraulique c’est-à-dire l'énergie
potentielle contenue dans les différents flux d'eau.
La puissance électrique hydraulique installée
dans le monde en 2004 était estimée à 715 gigawatts
(GW), soit environ 19% de la puissance électrique mondiale.
Près de 15 % de toute l’électricité européenne
est d’origine hydraulique.
Cependant, la proportion d'énergie électrique
d'origine hydroélectrique est bien moindre (de l'ordre de
10 %) que la puissance installée peut le faire croire car
cette dernière joue un rôle particulièrement
important pour assurer l’équilibre instantané
de la production et de la consommation d’électricité.
En effet l'énergie électrique ne se
stocke pratiquement pas tandis que l'énergie hydroélectrique
est souvent une variable d'ajustement.
En France, par exemple, la puissance installée est de 25
GW, soit 22 % de l’ensemble des centrales contribuant à
l’alimentation des réseaux publics alors que la production
ne représente qu'environ 15 %.
Dans la pratique, l'utilisation de l'eau pour produire
de l'énergie est parfois compliquée par les demandes
provenant de l'irrigation, se produisant généralement
hors des périodes de demandes électriques maximales.
Les différentes formes de production de l'énergie
hydroélectrique
Les barrages hydroélectriques
Des turbines exploitent le débit et la pression liés
à l'accumulation d'eau pour produire de l'énergie
électrique.
Ces sites sont principalement utilisés lors
des pics de charge, parce qu'ils peuvent démarrer ou s'arrêter
presque instantanément et parce que la quantité d'énergie
que représente la chute d'eau est limitée. À
noter que certains sites sont réversibles : lors des périodes
creuses (lorsque la consommation d'électricité est
faible comme par exemple en pleine nuit) l'alternateur, qui est
une machine synchrone réversible, est utilisé pour
remonter l'eau du lac inférieur vers le lac supérieur.
Après quelque temps, le fond du lac supérieur finira
par se remplir de limon.
Les centrales au fil de l’eau
Elles utilisent une partie du flux des rivières pour produire
de l'énergie électrique. De plus, elles tournent en
continu, car elles ne peuvent retenir l’eau dans un bassin
d’accumulation. Il existe des centrales au fil de l’eau
à axe vertical (rivières à pente forte) et
à axe horizontal (rivières à fort débit
et à petite chute).
Ce système a également l'avantage d'oxygéner
l'eau, ce qui favorise la faune aquatique.
Les barrages au fil de l'eau
Le principe est de construire un barrage sur une rivière
à fort débit. La zone en amont (en haut) de la rivière
se retrouve ainsi inondée et la zone en aval par conséquent
voit son niveau d'eau s'abaisser. Cette technologie est principalement
utilisée dans les régions du monde où se trouvent
des rivières à fort débit et de grands réservoirs
(de grandes zones inondables) par exemple le Canada, le Brésil
et la Chine. Un exemple célèbre est le barrage d'Assouan
en Égypte
L'écosystème d'une zone importante est
affecté lors de la mise en place de ce type d'installation
(en raison de l'inondation et de l'assèchement des zones
amont et aval). Les exploitants affirment qu'un écosystème
naturel et équilibré se reconstitue dans ces zones
plus ou moins rapidement (en l'espace d'environ 30 ans, l'écosystème
serait recréé à 99%, ceci incluant les anciennes
zones asséchées).
Les centrales marémotrices
Elles utilisent le flux et le reflux des marées. Au passage
du barrage, l'eau de mer est turbinée. Ces centrales nécessitent
une forte amplitude de marée et sont soumises à d'important
problèmes liés à la corrosion. Un exemple est
visible sur l'embouchure de la rivière de la Rance en Bretagne.
Centrale marémotrice sous-marine
Durant l'été 2002, la première centrale marémotrice
qui utilise les courants sous-marins fut testée en Grande-Bretagne.
Il existe plus de 40 sites dans ce pays riches en côte où
une telle expérience est possible. En théorie, il
y a assez d'énergie en courant de marées pour générer
plus d'un quart de l'électricité du pays.
La Grande-Bretagne a choisi de miser sur les courants
sous-marins plus réguliers que les courants de marées
de surface ou la houle. Tout dépend de la typographie locale.
L'océan comporte, en fait, des chenaux où des masses
d'eau ascendantes ou descendantes se resserrent dans un espace réduit.
Les Anglais ont décidé de vérifier si l'utilisation
de cette énergie tirée des courants marins est exploitable
afin de réduire les gaz à effet de serre. Pour cela,
ils ont engagé des frais colossaux pour construire un prototype
de centrale marémotrice pouvant produire jusqu'à 1580
kW d'électricité. La machine est installée
dans les îles Shetland.
Deux « hydroplanes » de 15 mètres
montés sur un socle vont osciller avec la marée afin
d'activer un moteur hydraulique qui générera de l'électricité.
Des pistons hydrauliques contrôlent l'angle par lequel les
hydroplanes de la société Stingray doivent faire face
au courant de la marée pour obtenir un maximum d'eau . Comme
pour une aile d'avion, leur angle d'attaque changes pour créer
un phénomène « d'ascenseur » qui pousse
l'hydroplane vers le haut et vers le bas. En bougeant, les hydroplanes
font bouger un bras qui actionne une pompe pour faire monter de
l'huile haute pression à travers un moteur hydraulique qui
fait tourner un générateur électrique. (Voir
le site de la société pour avoir une illustration)
La structure fait 35 tonnes, elle est à 20
mètres au-dessus du fond marin et fonctionnera dans des courants
allant de 2 à 3 mètres par seconde. L'essentiel est
fabriqué en acier, l'hydroplane est renforcé par un
verre plastifié. La société Stingray ne travaille
que pour les marées qui bougent dans un seul et même
sens. Les autres sociétés vont tenter de fabriquer
des hydroplanes capable de travailler sur les 4 marées de
sorte qu'ils produiront de l'électricité les trois
quarts du temps.
Les experts économiques estiment que techniquement
ils ne doutent plus de la faisabilité du projet. En revanche,
ils remettent en cause le coût associé à ce
genre de production. On estime que l'on produira de l'électricité
entre 4,7 et 12 pence par kWh. C'est donc plus cher que l'énergie
nucléaire ou éolienne.
Un autre projet de la société Marine
Current Turbines of London a prévu d'utiliser des «
éoliennes » sous-marines qui utiliseraient les déplacements
circulaires de manière identique à une hélice
de bateau. Ce projet a été reporté par manque
de budget, il faut encore des fonds. Les projets à hydroplanes
ou hélices ne sont pas concurentiels car les experts estiment
qu'il s'agit ici d'une industrie « pluri-billionaire »
si elle s'avère réalisable. Mais ce n'est pas encore
pour l'instant le cas.
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