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ENERGIE SOLAIRE
Le Soleil qui produit l'énergie
solaire, est un très gros dissipateur d'énergie. Il
rayonne comme toutes les étoiles une quantité phénoménale
d'énergie, qui fini par se perdre dans l'immensité
interstellaire. Sur le trajet, quelques planètes captent
ces rayons.
La Terre fait figure d'exception, elle en profite
pour entretenir une vie végétale et animale. Sa surface
reçoit une quantité d'énergie solaire équivalente
à plusieurs milliers de fois la demande humaine mondiale.
Les techniques pour capter directement une partie de cette énergie
sont disponibles et sont constamment améliorées. On
peut distinguer le «solaire photovoltaïque» et
le «solaire thermique».
SOLAIRE PHOTOVOLTAIQUE
Le «solaire photovoltaïque»
transforme directement une partie du rayonnement solaire en électricité.
Généralement, cela est réalisé par des
panneaux de silicium mono- ou poly-cristallin.
Ce silicium est pris en sandwich entre deux électrodes métalliques
et le tout est protégé par une vitre. Le courant produit
est continu et à 0,6 V.
De multiples panneaux peuvent être reliés entre eux.
La durée de vie de ces panneaux est de plus de 20 ans. Le
rendement est typiquement de l'ordre de 16%. En Europe, il faut
actuellement de l'ordre de 8 à 10 m² pour atteindre
une puissance de 1 kW-crête.
La recherche est très active dans le domaine
du solaire photovoltaïque. Les prix diminuent constamment et
les rendements progressent.
En 20 ans, les rendements sont passés de 15%
à 36% dans les laboratoires. Ce dernier chiffre serait celui
atteint sur Terre par les cellules solaires utilisées par
les robots martiens. Les rendements des systèmes disponibles
commercialement sont quant à eux passés de 5% à
plus de 20%.La technologie basée sur le silicium a un développement
comparable à celui de l'informatique. De nombreuses sociétés
actives dans ce domaine, comme Sharp, sont aussi actives dans l'électronique.
En 2003, les nouvelles installations ont représenté,
dans le monde, une puissance de 574 MW-pic, en augmentation de 34%
par rapport à 2002. Financièrement, il s'agit maintenant
d'un marché de 4 milliards d'euro par an. Le Japon, l'Allemagne
et les États-Unis représentent ensemble 75% du marché
mondial. Les installations connectées aux réseaux
(sans stockage de l'électricité) représentent
la majorité des nouvelles installations.
Un autre domaine de recherche est celui de l'intégration
des composants photovoltaïques dans les éléments
de construction, ce qui diminue fortement le coût global (tuiles,
panneaux de toiture, vitrages, façades, etc).
Outre l'amélioration constante des produits
à base de silicium, on peut citer deux technologies innovantes
et sans doute promises à un bel avenir : les cellules photovoltaïques
en plastique et les cellules de Graetzel.
Les cellules photovoltaïques en plastique
Les cellules solaires en plastique ont un rendement compris entre
4 et 5% et elles restent encore très fragiles car elles sont
sensibles à l'oxygène et à l'humidité.
La recherche vise à améliorer l'encapsulage et à
en diminuer le prix (actuellement de l'ordre de 2 euros/watt-crête,
c'est-à-dire le double de la technologie basée sur
le silicium).
Les cellules de Graetzel
Les cellules de Graetzel (nom de l'inventeur de l'École polytechnique
fédérale de Lausanne) sont des cellules solaires nano-cristallines
à colorant. La résistance à la chaleur en était
le point faible mais fait l'objet de recherches intensives.
Ces cellules sont inspirées de la photosynthèse
et sont constituées d'un côté d'une couche de
dioxyde de titane recouverte d'un colorant appelé «sensibilisateur»
et de l'autre d'une solution électrolytique. Lorsqu'un rayon
lumineux tombe sur le colorant, un électron est éjecté.
Tous les électrons ainsi libérés traversent
l'oxyde, sont collectés au bord de la cellule et ensuite
dirigés vers un circuit externe.
SOLAIRE THERMIQUE
Le «solaire thermique» consiste à utiliser la
chaleur du rayonnement solaire. Il se décline de différentes
façons : centrales solaires thermodynamiques, chauffe-eau
et chauffage solaire, rafraîchissement solaire, cuisinières
et sécheurs solaires.
Centrales solaires thermodynamiques
Dans le domaine de la recherche industrielle, certains systèmes
permettent de concentrer l'énergie solaire en un point précis
qui peut alors atteindre une température considérable.
Une production électrique est alors possible via des turbines
à vapeur.
Des collecteurs paraboliques chauffant un fluide caloporteur
circulant dans des tuyaux placés au niveau de leur foyer
géométrique ont aussi été développés.
La solution la plus réaliste économiquement
à l'heure actuelle, pour la production d'électricité
solaire à l'échelle industrielle, consiste à
chauffer un fluide caloporteur (eau, sels fondus, huiles synthétiques,
ou directement vapeur) en y concentrant le rayonnement solaire.
L'irrégularité propre de l'énergie solaire
peut etre contournée, soit en stockant de la chaleur (avec
un réservoir de fluide chaud) soit en hybridant les concentrateurs
solaires avec une centrale thermique classique (la chaudière
et la chaleur solaire nourrissant la meme turbine à vapeur).
La centrale de Mojave en Californie vers 1980, avait
fait figure de projet pionnier. Quelque peu oubliée depuis,
cette filière revient d'actualité (les inquiétudes
sur le réchauffement climatique et sur les réserves
d'hydrocarbures aidant), avec de nombreux projets pilotes dans une
dizaine de pays.
La tour solaire de 1 000 mètres de hauteur,
est l'un des projets les plus ambitieux de la planète pour
la production d'énergie alternative. C'est une usine d'énergie
renouvelable qui fournit la même puissance qu'un petit réacteur
nucléaire tout en étant plus sûr et plus propre.
Chauffe-eau et chauffage solaire
A l'échelle d'une habitation individuelle ou collective,
il est possible d'installer un chauffe-eau solaire, ou un chauffage
solaire : il s'agit de capteurs vitrés installés le
plus souvent sur la toiture, dans lesquels circule un liquide caloporteur
réchauffé par le rayonnement solaire, qui transmet
ensuite la chaleur à un chauffe-eau et éventuellement
à un plancher chauffant basse température.
Ce procédé permet de couvrir environ
50 % en moyenne en France des besoins en eau chaude, et d'apporter
éventuellement un complément de chauffage.
Rafraîchissement solaire
Paradoxalement la chaleur du rayonnement solaire peut aussi être
utilisée pour rafraîchir un bâtiment : on utilise
dans ce cas des capteurs cylindriques sous vide dans lesquels circule
un liquide caloporteur qui va être porté à haute
température (100°C et plus). Ce liquide va transférer
la chaleur via un échangeur à une solution chimique
qui va se réchauffer et qui en se refroidissant va ensuite
produire du froid. Ce procédé permet une climatisation
écologique de bâtiments industriels ou d'habitations
collectives.
Cuisinières et sécheurs solaires
Les cuiseurs solaires sont très répandus en Chine
et en Inde. Outre le cuiseur-boîte et le cuiseur à
panneaux, des cuiseurs paraboliques ont été développés.
Une plaque de carton recouverte d'une feuille d'aluminium
et découpée de façon à former une coquille
permet déjà d'obtenir l'échauffement d'une
marmite (de préférence noire) placée dans un
sac en plastique transparent limitant les pertes en chaleur et en
vapeur d'eau. Grâce à des systèmes de ce genre,
de nombreux aliments peuvent être cuits, mijotés ou
chauffés et de l'eau peut être bouillie. La pièce
la plus fragile est le sac en plastique.
Des cuiseurs-boîtes avec un couvercle vitré
ou un plastique rigide sont assez faciles à fabriquer avec
des matériaux locaux (coquilles vides et sèches pour
l'isolation thermique, etc).
Solaire «passif»
On peut aussi mentionner les développements du «solaire
passif», c'est-à-dire de l'utilisation de l'énergie
solaire lors de la conception architecturale (façades doubles,
orientation, etc). Les innovations techniques dans le domaine de
l'isolation thermique et dans celui des vitrages jouent aussi un
rôle important.
Le solaire passif permet de faire des économie
d'énergie sur le chauffage et l'éclairage.
La luminance au sol
Avant d'installer un équipement utilisant l'énergie
solaire, il est important de connaître la luminance au sol,
c'est à dire la quantité de lumière solaire
reçu au sol. Pour cela, une des techniques les plus efficaces
est l'utilisation de satellites d'observation terrestre. Le satellite
de Meteosat de la deuxième génération est ainsi
capable de fournir des mesures précises toutes les 15 minutes
sur la luminance au sol du continent européen.
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